Une vision de la diversité que recelle cet amas de matière auquel la gravité nous attire...
Ca y est, me voila enfin en Colombie, j’étais bloqué au Venezuela à cause d’une gue-guerre éclatant suite à quelques règlements de comptes frontaliers (impliquant la drogue) et des propos houleux de Chavez envers le « diable capitaliste » qu’est Uribe.
La Colombie est en effet dirigée de manière bien différente : La société est répartie en 6 « strates » bien distinctes. L’appartenance à telle ou telle strate est déterminée par le lieu de résidence, les biens possédés, la manière de s’habiller… Par exemple, une strate 4 comparé a une 3 a la voiture, vie dans un quartier un peu plus résidentiel mais ne vas pas encore faire ses courses a Carrefour (y’en a beaucoup ici) et ne sort pas dans les endroits huppés où traînent les strates 5 et 6. Dans ces clubs, un phénomène très intéressant apparaît à l’approche du 12eme coup de minuit : Certaines femelles colombiennes essayent de tromper le mâle de strate supérieure en se « déguisant » de robes plus chic et en adoptant leur manières…
Mais cendrillon sera bientôt démasquée, car les colombiens ont un sens aiguisé pour définir la strate de telle ou telle personne! Lors de mon questionnement sur l’appartenance de certains passants, j’étais toujours étonné de voir avec quelle facilité ils comblaient les vides de mon « analyse stratienne »! Notons l’existence plus camouflée d’une strate 7 et même 8, regroupant la très haute bourgeoisie : fils de ministres et descendants Pablo Escobar.
Il faut savoir que la drogue ici (du temps du sus-nomé) a été un véritable pivot géopolitique, donnant naissance à une grande complicité avec leur premier acheteur : les US ! Il n’y a qu’à voir toutes les bases militaires américaines présentes en Colombie pour juger de leurs affinités. Bien que plus riche que son voisin vénézuelien, plus de pauvreté est ici visible. Beaucoup de personnes sont laissées sur le carreau et viennent peupler le camp de la mendicité déjà bien présent. Un grand fléau touche cette basse strate : le « Bazooka ». C’est une drogue faite avec les résidus de production de Cocaïne (c’est même pas de couleur blanche mais marron) et a un pouvoir de dépendance pire que toutes les autres drogues. On peut devenir accro en y goûtant une fois ; et une partie de l’insécurité Colombienne vient de ces drogués en manque prêt à tout pour se procurer leur « fix ». Conseil qui m’a été donné : évitez les personnes louches aux allures un peu trop speed !
Si elle est beaucoup critiquée, la droite d’Uribe a fait du bien à la Colombie pour ce qui est de l’insécurité. Il a fortement limité les actions des groupes révolutionnaires, tels que « la bande à Ingrid » cad les FARCs, grâce à des accords et à la création d’une force spéciale qui a sécurisé les axes clés. (Dixit des locaux, j’aurais été suicidaire de faire le même périple 4/5 ans au paravent !) Cela a permis l’essor du tourisme qui se structure de plus en plus (un peu trop a mon goût dans certains endroits, où ils s’alignent tous sur des prix pigeonnants) et permet aux étrangers de rencontrer un peuple TRES chaleureux !
Ils sont intéressés, motivés et pleins de questions/remarques judicieuses au cours de discutions parfois très profondes, bien que fortuites, que j’ai eu avec eux !! Ils aiment le Français (qui, je m’en aperçoit de plus en plus, voyage très bien en général) Quelqu’un m’a même dit : « Moi j’adore les Français, car ils sont venus dans le passé nous aider à combattre le joug anglais au nom des droits de l’homme !! » Pas étonnant de voir fleurir autant de crêperies et bars tenus par des Français venus s’installer ici. Ils adorent entendre notre chère langue et j’en ai croisé pas mal qui prenaient des cours. (Je vous dévoile même une petite technique de drague pour ceux qui viendraient ici : apprenez et récitez à ces demoiselles un beau poème, riche en allitération de préférence :p)
Je suis passé dans un pays où les gens sont toujours aussi souriant, la musique est toujours omniprésente (au même niveau décibel) et les filles toujours aussi jolies (surtout les « costégnas », ces morénas de la côte) Pourtant, plusieurs choses sautent aux yeux et me laissent perplexe alors que je viens du pays limitrophe ! Citons en vrac :
-La vie de tous les jours moins chère (à part l’essence que l’on paye 1euro les 100 litres au Venezuela)
-L’obligation pour tous les motocyclistes de porter un gilet (orange fluo ou noir) avec leur immatriculation écrite en grand ; Mesure de sécurité mise en place pour limiter l’« évaporation » des délinquants après infraction.
-L’Eau potable au robinet !! (Pas encore pour certaines villes côtières) Reflex pas évident à reprendre une fois habitué à l’eau en bouteille…
-Pas de coupure d’électricité ! Comme tout, on réalise à quel point quelque chose est bon seulement après en avoir été rationné. Notion à méditer pour pas mal d’occidentaux…
-Du « Fùtbol » omniprésent à mon grand bonheur ; avec un niveau assez prometteur (équipe espoir nationale très bonne). Après les « copines », je vous dévoile ma technique pour me faire des copains : apprenez la phrase « Donde hay una cancha (terrain) ?! » De buts en buts, des liens se créent et ça débouche souvent sur quelques bières et autres « tragos » dans leurs lieux de prédilection (autre que les conseils du « guide du routard », où on se retrouve souvent entre touristes :p)
Je n’ai pas abordé ici la beauté de la Nature pour ne pas faire trop long. Mais, que les membres de « Nature et découverte » se rassurent, cet aspect ne sera pas mis à l’écart sur mon prochain post… Il sera question de périple en Amazonie…
Au plaisir de lire Vos commentaires… (Ma motivation à écrire plus ;)