Une vision de la diversité que recelle cet amas de matière auquel la gravité nous attire...
Voici en guise d’introduction, quelques chiffres pour situer un peu le Brésil :
13 fois la superficiede la France, 191 M d’habitants (85 M de pop. active), Revenu moyen par habitant : 550 Euros/mois, 8% de chômage.
C’est un pays émergent sur la scène internationale sans avoir pour autant un taux de croissance très élevé (3% seulement) Cela est du à sa dépendance aux capitaux extérieurs et à sa dette publique. Les premières formes d'industrie (exploitation du bois, canne à sucre) ont marqué durablement l’économie et des spécialistes reprochent au président Lula un manque d’agressivité dans les réformes… Concrètement, pour voyager ici, Le Réal (on a 2,2 « riaïch » pour un euro) rend la vie de tous les jour assez chère pour l’Amérique Latine :
-Dormir : 30 à 40 réals pour un hostal (zéro pour les CouchSurfers :p)
-Bouger : Les transports sont assez cher comparé au reste d’AmSud mais restent bon marché. Ils font en revanche banquer les touristes pour l’accès aux lieux touristiques !
-Manger : 5 à10 réals le repas dans les « botecos », là où mangent (et boivent) les locaux. On paye le plus souvent son assiette au poids ! Le repas Typique est composé de Riz, Feijoada (Haricot noir du brésil), Farofa (semoule de manioc frite à laquelle peuvent être ajoutés divers ingrédients), Carne / Frango (Viande ou poulet)… Sinon, il y a beaucoup de McDonald & Compagnie à 7-8 euros pour la classe plus aisée.
Du fait de la quasi-absence de saison et de la « tropicalité » du baromètre : Il y a plein de vie dans ce pays ! C’est vraiment comme le cliché qu’on en a, les gens sont souriant, chantants et très clairement, ici : Y’a d’la joie !! (Plus que dans Badoit :p) Le Brésilien est de nature chaleureuse, j’étais d’abord étonné puis charmé des échanges « fusionnels » que j’ai pu avoir avec eux, que ce soit avec les CouchSurfers ou les personnes aléatoirement croisées lors de mes vadrouilles ! Adorant cette langue (le « Pourtouguésse » do Braziou, à distinguer avec le « pourtouguèch » du Portugal) dès mes premiers échanges, j’ai pu entretenir des discussions avec des « MonoGlotte » en peu de temps ! C’est notamment grâce à l’énergie qu’ont mi mes amis de voyages lorsqu’ils voyaient ma motivation à apprendre leur langue ! Motivation en grande partie due à leur irrésistible manière de moduler et accentuer le ton dans leurs phrases. Je dois dire que, maintenant que j’ai quitté le Brésil, cela me manque beaucoup de les imiter.
Pour beaucoup de domaines le brésilien y va de sa spécialité :
La Musique, omniprésente bien entendu, a un tout simplement « quelque chose » en plus : Ils semblent avoir contourné notre système Do Ré Mi… et ajouté quelques croches là où c’était prohibé par la droiture métrique occidentale… Sont-ce les esclaves noir africains (qui exprimèrent leur frustration en rythmes, chants et danses, comme la Capoera) ou les Indigènes à qui l’ont doit cette diversité ?? Ou peut-être est elle due au génie de quelques brésiliens pleins de Vie et de créativité comme Don Jobim, qui rempli encore des salles de concert (de jeunes) à 65 ans !? L’hypothèse des Indigènes me semble en fait peu probable, connaissant les méthodes des colonisateurs et leur priorité à éradiquer les rites et coutumes pour mieux imposer les leurs…
Toujours est-il que j’ai découvert de nouveaux types musicaux, de nombreuses familles de percussions (qui sont TRES répandues ici) et des instruments jusqu'à lors inconnus (guitare à 10 cordes, instruments à vent bizarre…)
Je suis en particulier tombé amoureux de la « Bossa Nova » : qui est l’équivalent du Jazz mais en bien plus riche tant les accords sont impossibles. Je me suis écartelé les doigts, « grâce » à mes professeurs occasionnels de guitare, que je filmais pour mieux apprendre (dans les Gares routières, en soirée ou chez les CSurfeurs) mais j’ai ouvert la porte d’une autre dimension musicale : Wouaw!
La Danse, ils l’ont tous dans la peau !! La fameuse chanson : « Pédro va au Brésil, pour danser la Samba ; Il va de ville en ville pour apprendre le pas… Pééédroooo… » a pris toute sa signification quand j’ai essayé de suivre mes professeurs (tout aussi occasionnels :). Pour me tenter à une explication : c’est un mouvement de toute la jambe en pivot sur les talons qui est assez facile à faire au ralenti mais qui est une torture pour le cerveau et les muscles quand on doit paraître à l’aise sur le « danse-floor » !! Notez que pour les filles, le pas est un peu différent et c’est tout sur la pointe des pieds, pas étonnant qu’elles aient ces jambes là!!
Et dire que j’ai seulement découvert la partie visible de l’Iceberg, étant donné que chaque région à son style. Par exemple, la Samba (que je croyais répandue dans tous le Brésil) n’est qu’un type de danse parmi tant d’autres, plus au nord c’est le Forro, le Maracatou et j’en passe! Après leurs pas, passons à leurs passes…
Le Football est pour eux une religion, ils savent tous plus ou moins jouer et il y a tout type de terrain partout ! Ils jouent beaucoup sur des synthétiques qu’ils réservent entre amis (pour quelques parties, j’ai fais parti de ces cercles!) Ils donnent tout sur le terrain car c’est généralement l’équipe perdante qui paye la location (qui est assez chère).
Bon, ils sont très « grigri » et préféreront souvent tenter un dribble que faire une passe, vu plusieurs fois, même au niveau international… Mais ils sont d’une technicité impressionnante ! Notamment sur la plage quant on les voit jouer au « FutVolley »
J’ai trouvé là mon sport préféré ! Un terrain de Beach Volley normal avec un filet un peu plus bas, deux personnes par équipe et bien entendu, pas le droit de toucher la balle avec les bras ! Là, des cours sont nécessaire car c’est assez technique et j’ai du faire appel à un vrai prof. A la plage d’à coté, CopaCabana, c’est réservée aux « stars » qui parient jusqu'à 1000 réals la partie! (Il faut dire qu’ils sont très joueurs, les vendeurs ambulants de pseudo loto pullulent et il y a souvent la queue pour acheter les billets de loterie !). Mais quel bonheur après une partie de se jeter dans ces grandes vagues froides de l’Atlantique, après un zig zag entre les bikinis à petite superficie de tissu…
Les femmes sont vêtues de manière très aguicheuse et montrent bien volontiers leur marque de bronzage à contraste très vif, comme pour nous rappeler que c’est bien un corps doré et non pas leur ADN qui les rend si mate.
La sexualité ici est restée au stade des années 69! Les femmes sont, à l’image des moyennes de température de la nation : Chaudes ! Bon, OK, j’étais là en période de carnaval (où les usines de fabrication de préservatifs battent son-plein) mais faire un baiser est presque comme se faire la bise. Il y a beaucoup de travesti et la communauté gay semble avoir trouvé son QG à Rio. J’ai aussi rencontré beaucoup d’hommes et de femmes bisexuels (et pas seulement à Rio) qui paraissent aimer tout autant, sans distinction, les deux partis.
Petite anecdote à ce sujet: Un CouchSurfer de cette dernière catégorie, qui m’a gentiment hébergé, m’a « confessé » son penchant après quelques bières ! Refus gentiment catégorique de ma part quant il a voulu, sans insister, qu’on dorme dans la même chambre alors que les lits étaient déjà installés dans des chambres distinctes :s
Ce mois passé dans les villes que j’ai pu visiter, a été une expérience forte en sensations tant le Brésil est original, ici, la nature est exubérante, la verdure luxuriante et les créatures intrigantes !! Vous le verrez dans le prochain épisode, peut-être en vidéo !!
Jey